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 chasing cars ≈ torvana

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maison de sigyn
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maison de sigyn
Hiboux : 324 Avatar : adelaide kane Crédits : Monroes brynhild (bannière, tu gères jtm)

Âge : vingt-deux années
Nature du sang : un sang qui s'émancipe, un coeur de lion, mêlée comme tant d'autres.
Statut civil : célibataire au coeur épris d'un sourire ravageur et des cheveux de blés.
Patronus : un cheval majestueux.
Amortentia : une odeur de chocolat chaud et de cannelle, vient s'ajouter l'odeur de l'herbe fraîchement coupée.

MessageSujet: chasing cars ≈ torvana   Lun 29 Fév - 2:01



if i just lay here

Les minutes glissent et les aiguilles dansent ensemble pour annoncer l’heure et la couleur. Elle est attentive Ana, dans le fond de son siège. Elle écoute, encore et encore ce qu’on lui dicte et elle écrit avec ce fin plaisir. Elle sort de la classe avec ce même regard lâche et fuyard, celui que l’on ne veut pas croiser, celui qu’on blâme parce que la braverie n’a pas sa place. Alors elle avance, baisse la tête. Elle ne fait pas attention aux couleurs qui défilent sous son regard de sygn, elle ne voit qu’une cape émeraude et des cheveux de blés. Elle le voit au bras d’une autre blonde ; et les mots de la mêlée écorchent stupidement la fiancée. Elle s’empresse de ne pas faire attention, elle s’empresse de ne pas lui prêter attention, elle s’empresse de ce monde irréel qui brûle sa peau. Il ne la voit pas, il ne peut pas remarquer les iris qui batifolent devant sa beauté et qui se cache pour éviter le contact des plus mortels. Alors elle rentre dans son pavillon, dépose ses affaires, elle ne prend pas le temps que ça tête en devient un bordel. Elle redescend rapidement, devient ombre à ce monde comme elle a tant été habitué. Sa chevelure glisse dans l’aile, si bien que personne ne fait attention à la main qui se faufile, la porte qui s’ouvre et l’ombre qui disparaît.
Les murs qui claquent et le cœur qui tangue, le navire chavire et part à la dérive ; Anastasia se noie dans la douleur intime de l’amour. Les doigts qui craquent et le cœur qui se taille, on dévore la beauté de l’enfant à petit feu, on déguste sa peine et se délecte de ses poussières. Si faible et médiocre, si dépassée et émotive … Elle se déteste ainsi. Elle se déteste quand elle s’énerve, quand rien ne va et que son seul moyen pour s’exprimer n’est autre que l’acharnement et les larmes. Ana n’est pas comme Andreï. Elle ne sait pas frapper, ses mains sont bien trop pure pour frôler avec vice la peau des victimes. Ana ne sait pas crier, sa voix de piaf est trop mélodieuse pour se transformer en un monstre titanesque. Ana ne sait pas s’exprimer, elle refoule, encaisse, inlassable petite créature qui arrose de sel ses propres plais. La pièce se transforme, vire au décor et le luxe emplie les murs de son paradis infini, intime ; celui qu’elle voit les soirs avant de s’endormir si elle était née dans une bonne famille. Alors elle respire, elle prend un large souffle et l’archet frotte les cordes. L’Hiver de Vilvadi résonne dans la pièce tant les notes font chavirer l’espace-temps et que tout s’arrête. Elle tournoie légèrement sur elle, avance et recule comme il a pu lui apprendre. Il lui a tout donné, tout appris. Et là voilà aujourd’hui à jouer et danser comme les plus grands alors que sa misère est des plus pitoyables. Elle danse, tournoie, joue, démesure le temps au fil des notes et l’amplification de la mélodie que lui apporte la douce symphonie. Elle n’entend pas la porte qui s’ouvre, elle ne voit pas l’ombre dans son dos. Elle joue encore et toujours avec cet air paisible qui calme ses colères risibles. Elle n’est qu’une gamine passionnée par l’art qui anime les notes, qui dévore son corps. Elle repousse l’échéance de la folie et de l’oubli, des cris d’Andreï et des regards de Torvald. Ce n’est plus qu’une enfant qui joue au rythme des notes et qui pour le peu de temps qu’elle a passé à s’amuser, sourit enfin dans sa misérable vie digne d’un des plus tragiques des romans d’Hugo. « Que faîtes-vous ici ? » La note se suspend dans un long silence plaintif que l’enfant achève sèchement sans oser regarder le trouble fait. Elle ne veut pas se retourner, elle ne veut pas lui faire face, pas maintenant. Elle a ce ton méprisable des journées infâmes, ce ton aguicheur qui attire le fouet et les punitions. Elle n’a pas peur de Torvald car l’oiseau se sait couver par le grand aigle, elle n’est plus une proie. Ils ne sont que des inconnus, des anciens amis. Des anciennes choses que l’on nomme pour une raison ou pour une autre. Les courriers sont froids et silencieux, les regards se fuient et les corps s’éloignent. La misère éloigne Cosette de Marius et ils meurent telle une tragédie de Shakespeare. Elle n’ose toujours pas se retourner, mais elle ne s’avoue pas vaincu. Le paradoxe dans toute cette comédie mélodramatique, c’est qu’Ana a le droit de griffer la biche de ses griffes. Elle a le droit de le dévorer, elle le sait tout au fond d’elle ; Torvald est incapable de lui faire du mal. Mais elle refuse, au fond d’elle y a ce blizzard russe qui lui insuffle de ne pas le laisser partir, pas cette fois. Alors elle ose, pour une dernière fois, elle ose se mesurer à lui, piquer son cœur pour le retrouver. Chercher l’amitié dans ses yeux rieurs, ses mèches bouclés et emmêlés, ses lèvres fines et roses dont elle a encore le goût sucré en bouche. Elle a le cœur brisé et les yeux humidifiés, le cœur en vrac, mais c’est toujours un automate, un mot mystique dont elle est incapable de définir les sens.

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j'avais rêvé d'une autre vie mais la vie a tué mes rêves comme on étouffe les derniers cris d'un animal que l'on achève. j'avais rêvé d'un coeur si grand que le mien puisse y trouver place mais mon premier prince charmant fut l'assassin de mon enfance. 


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maison de baldr
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Hiboux : 48 Avatar : armie hammer. Double Compte : leonid le bg, et hedvig la badass. Crédits : (av)/Hepburns.

Âge : trente-trois ans.
Nature du sang : pur.
Statut civil : marié à une sorcière.
Patronus : son patronus prend la forme simple d'un gibier, simple, fuyard, mais malin, décrivant à merveille le comportement du jeune homme.
Amortentia : une odeur de gason, de fraicheur matinale et de bois rappellant bizarrement la salle où lui et ana jouent aux artistes.

MessageSujet: Re: chasing cars ≈ torvana   Jeu 3 Mar - 0:19



if i just lay here


Torvald marchait le long des couloirs, un sourire franc mué sur ses lèvres, son visage ouvert, extraverti, biaisé pourtant les nouvelles de son père, par les dernières lettre qu'il avait reçu. Peut-être que c'était le fait qu'il se fiancerait à une parfaite inconnue qui le tétanisait, ou tout simplement le fait que son père avait menacé de tuer Anastasia si le jeune homme osait encore s'en approcher. Il l'avait évité comme la peste, même si ça lui avait arraché le cœur, la chaire et les os, il s'était tenu si loin d'elle qu'il avait parfois l'impression d'oublier son parfum. C'était un besoin constant que d'être en sa proximité, de pouvoir caresser sa douce chevelure ou sa peau basanée. Mais rien n'y faisait, Torvald était coincé, coincé entre son cœur et sa tête, sa tête lui disant de prendre le parti de son père comme il faisait depuis qu'il savait marcher. Pourquoi suivre cet être qui lui était finalement si antipathique, pourquoi se forcer à l'aimer alors que clairement il ne broyait que du noir en sa présence ? Sa famille n'était que poison, cadeau empoisonné qu'il cherchait pourtant à surmonter, à guérir, cette douleur dans son torse, cette envie de s'émanciper, comme de rester et de les rendre tous fiers, alors qu'ils ne méritaient pas même sa peur, et son angoisse. Il détestait, il se détestait le lâche, il était empli de lâcheté, ce sentiment de peur et de haine, de colère et de frustration, celle qui le poussait à prendre des décisions illogiques, des décisions qui ne faisaient qu'aggraver la situation dans laquelle il était. Torvald était un lâche, un peureux, mais il n'avait pas peur d'assumer, d'assumer sa naïveté, ce teint utopiste qu'il ajoutait à chacun de ses mots, à chacun de ses murmures, le rêve d'un futur optimiste, d'un monde meilleur, où la torture et la cruauté, où l'injustice et le harcèlement n'avaient pas leur place, où toutes ces choses qui ne grisaient que l'entendement des gens heureux, des personnes à l'humeur solaire, à l'humeur interstellaire, autrefois inébranlable, mais à présent brisée par les choses qui les entouraient, n'existaient pas. La révolution, cette résistance qui faisait rage jusque dans les murs de l'institut, cette rage, cette colère, Torvald trouvait ça épuisant comme naturel, si son peuple à lui avait été oppressé pendant tant d'années il aurait peut-être levé les poings en soutien, il avait peut-être même envie de prendre parti à cette guerre silencieuse, mais la peur le tétanisait, celle de tenir tête à son père et de suivre les idéaux de son cœur. Il ne suivait malheureusement que très rarement ce que lui disait son instinct. Jamais, jamais n'avait-il pensé à déceler quelconque initiative de ses pensées soigneusement caches dans le fond de sa tête. Fermées à double tour dans les tiroirs de son esprit, mais présentes, actives, ces idées qui revenaient le hanter à chaque fois qu'une nouvelle attaque rebelle prenait place dans la capitale.

Torvald se baladait dans les couloirs de l'institut attendant peut-être que le saint esprit vienne le sortir de sa torpeur, c'est alors qu'il entendit un bref son, une brève corde qui scintillait dans ses tympans. Un doux souvenir s'éprit de cette illusion grotesque, lui assis, elle, jouant de toute son âme ces morceaux endiablés qu'elle maîtrisait avec bravoure et perfection. Anastasia n'était alors devenue qu'une simple douleur, qu'une faiblesse, aux yeux de son père, mais également à ses yeux à lui. Son monde tournait autour de cette créature maléfique qui avait volé le moindre de ses sens, qui le manipulait tel un marionnettiste sans même le vouloir, sans même s'en rendre compte. Elle ne se rendait pas compte à quel point elle avait pu envoûter l'être fragile qui s'était épris de cette femme douce, de cette naïveté, de cette facette si bonne, si innocente. La rancœur, la susceptibilité ou encore la rancune n'étaient pas des mots de son vocabulaire, ni de celui de Torvald, mais il s'attendait peut-être que la jeune fille ne comprenne pas la soudaine froideur du garçon. Son soudain changement. Il continua à avancer, à chercher la rémanence de cette douce illusion, de ce doux souvenir si abruptement parti. Le blond ne savait pas exactement ce qu'il cherchait, mais ses pas le menèrent vers la chambre secrète, il y avait passé des heures, des minutes, des secondes pour ses simples beaux yeux, à la place de travailler les potions ou encore d'autres sortilèges qui lui paraissaient si obsolètes en sa présence. Alors il chercha, il réfléchissait à l'endroit qu'il avait envie de voir, à cet endroit qui lui rappelait tant de beaux moments, cet endroit où les instruments laissaient place à la folle musique, où les pinceaux se démenaient sur une toile vide, une toile qui deviendrait ensuite un tableau de sa muse. Il réfléchissait mais ne mit pas longtemps à choisir l'endroit, à reprendre ce petit havre de paix qu'ils s'étaient construits tous les deux à l'affût des regards accusateurs, à l'affût des curieux, à l'affût de ces viles espions qui l'avaient rapporté, rapporté à son père. Il n'avait rien à se reprocher, pourtant sa conscience se déjetait sur toute son âme, cette angoisse occasionnant parfois tremblement et colère, parfois seulement pitié et frustration. Aujourd'hui il voulait juste revivre, revivre ce qu'il avait tant aimé, retrouver les moments où il avait joué Roméo dans un simple pamphlet, et où sa Juliette lui souriait, où sa Juliette lui était belle, lui était sienne. Sienne, mais pas complètement, Anastasia n'était pas ou plus sa propriété, elle était le soleil de ses rires, les rayons de ses grimaces, la cause de ses désirs fougueux. Alors Torvald entra, pensant s'y retrouver seul, il entendit pourtant une douce mélodie classique résonner dans les hauts plafonds de leur petit panthéon. Une chevelure noire tombait en cascade sur les épaules sveltes de la gamine, jouant à s'en briser les mains, à s'en briser le cœur. Il resta discret. Béat. Abruti par tant de beauté, abruti par ses retrouvailles si recherchés, si hasardeuses pourtant. Pendant quelques secondes il eut envie de partir, de partir parce qu'il ne voulait pas la déranger, parce qu'il ne voulait pas provoquer les foudres scabreuses de son père. Mais ses pieds restèrent ancrés au sol, ancrés dans la moelle du carrelage, regardant la sirène jouer ses douces notes. « Que faîtes-vous ici ? » Il eut un haut le cœur. Elle avait remarqué sa présence, elle l'avait vouvoyer, comme pour lui faire remarquer qu'ils étaient redevenus ces inconnus, ce lien si fort s'était brisé au court de ces derniers jours à cause de sa lâcheté à lui. Il tituba quelque peu et fît tomber quelques instruments de leurs étagères, il manqua d'écraser son visage contre les cymbales à terre, mais sût se retenir à temps avant de lever ses yeux vers la kamikaze. Peut-être devait-il réagir, peut-être devait-il dire quelque chose, mais sa bouche se retrouva sèche, ses mots coincés dans sa gorge. « Uhm... » Il marqua une petite pause. « Je voulais venir ici pour m'isoler un peu. » Il avait dit ça sur un ton si discret, tel un murmure qu'il se demandait si elle l'avait entendu. « Je.. » Que voulait-il lui dire ? Qu'il l'aimait, les menaces de son père, que leur secret futile avait été découvert ? « Tu jouais quoi ? » Abrupte pensée, abrupte mot, abrupte angoisse. S'il voulait cacher sa nervosité, il le faisait tel un gougeât. « Et s'il te plaît Ana, arrête de me vouvoyer. S'il te plaît. » Vile habitude de ce passé brumeux.
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MessageSujet: Re: chasing cars ≈ torvana   Ven 4 Mar - 1:24



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Ils étaient les êtres démoniaques qui s’aimaient au fond d’un couloir, contemplant les dessins dans un album et l’arc-en-ciel qui illuminait le ciel d’été. Ils s’aimaient comme on peut aimer un ami, dans un regard frêle et insouciant ; une main sur l’épaule qui rassure, encourage et chasse les démons. Ils s’aimaient comme des adultes, parlaient de grands débats, de grandes choses importantes avec les arguments des parents ; il avait cette façon subtile de bomber son torse et prendre une voix encore plus masculine face au son innocent de sa voix qui n’avait pas mué. Ils s’aimaient comme on aime un frère ou une sœur, un soutien dans les moments difficiles, une épaule pour pleurer et des mots pour réconforter dans le silence qui les envoutait. Ils s’aimaient comme des artistes, elle jouait du violon et il peignait la scène. Ils s’aimaient comme des amants, nés pour s’aimer et mourir ensemble. Roméo et Juliette, Marius et Cosette, les grandes lumières et les sourires rêveurs. Les bras qui s’enlacent, la valse douce et les pieds qui s’écrasent. Ces contacts si frêles, si bref, si interdits, si incompris. Et elle tournait dans ses bras, et il touchait le creux de ses reins avec une gêne abstraite que lui-même ne comprenait pas. Ils étaient un tout et un rien, ce mélange de volupté délicate et des regards trop compréhensifs et amoureux, incapable d’oser se dire les mots fatidiques. Ils ont repoussés l’échéance du départ des mots d’adieux. Elle est partie en liberté, volant un baiser au prince de ses rêves. Elle ne se souvient que de cette nuit chaude, la première qu’elle a passée libre. Elle a dansé toute la nuit dans la taverne avec son frère au rythme des violons et des rires de ses semblables. Et puis elle est allée se coucher avant Andreï dans une chambre du dessus, masquant les larmes qui coulaient le long de son visage avec ce visage inaccessible toujours au bout de ses lèvres. Et quand elle y réfléchit, sa vie a toujours tourné autour de lui. Servir Torvald, s’abaisser devant Torvald, aimer Torvald, embrasser Torvald, quitter Torvald, penser à Torvald, jouer pour Torvald. Ces sept lettres que son esprit n’a jamais été capable d’effacer. Sept lettres. Toujours sept lettres. Sept lettres dans Torvald, sept lettres dans les mots interdits que son esprit refuse d’assumer. Liberté, sept lettres aussi. Etrangement, Ana a passé du temps à compter les lettres comme elle compte les heures de sa vie. Et c’est quand elle veut effacer son visage, quand il ne la regarde plus dans les couloirs, quand il ne lui parle plus, Ana veut déchirer tout ce qui lui rappelle ces moments passées. Et vient alors le nombre sept qui danse dans son esprit comme une note de musique. Elle ne peut pas, elle ne peut plus. Elle a ces vieux démons qui la rongent et quand elle voit sa blonde, elle se sent dévorer encore plus, damné du paradis de son prince à elle. « Uhm... » Le ton de sa voix. Elle ferme les yeux. Ana se sait fragile, se sait sensible ; faible marmot qui pleure devant une photographie ancienne. « Je voulais venir ici pour m'isoler un peu. » Ici. Dans son havre de paix à elle. Elle avait dédiée cette pièce secrète pour elle et pas pour une autre ; c’est ce qu’elle pense avec égocentrisme quand la rage lui vient. Elle lui en veut d’être venue comme de l’avoir laissé sans de véritable nouvelle. « Je.. » Elle sent son ton destructeur. Elle sent sa peur. Elle sent la rage qui s’écrase contre son ventre et son regard délicat, brisé. « Tu jouais quoi ? » Bien sûr, maître Torvald vient demander quelle est donc la douce mélodie que l’esclave joue puis il repart voir sa jolie fiancée aussi blonde que lui à la tête de potiche. Et son cœur se serre, et la haine émane dans ses mains.  « Et s'il te plaît Ana, arrête de me vouvoyer. S'il te plaît. » Elle dépose son violon et prend le temps de se retourner pour lui faire face. Elle ne sait plus ce qu’elle doit faire, pas vraiment. Elle ne peut fuir, elle ne peut s’énerver ; elle lui doit toujours ce respect d’entant.
Alors elle prend son courage et se retourne. Son regard fixe d’abord le sol avant de scruter le corps du blond puis d’observer son visage. Il n’a pas changé, il est toujours le même. Toujours aussi beau et lumineux, bien qu’éteint et apeuré par la bête noire qu’elle est. Toujours aussi solaire face à sa lune la maîtresse. Et les deux astres s’observent dans le silence avant qu’Ana le brise avec violence. « Tu es donc venu pour savoir ce que je jouais ? Je pensais que tu allais m’annoncer tes fiançailles en personne. » Elle n’ose observer son annuaire gauche, elle ne veut pas. « Félicitation. » Son cœur se brise à la suite de ses mots. Il n’a pas le droit de l’épouser, parce qu’il lui appartient. Quoi qu’elle n’ait jamais été réellement sûre de ses propres sentiments, ceux de Torvald sont une énigme. Impossible de deviner l’amour dans son regard, le différencier de l’amitié. Après tout, c’est elle qui l’a embrassé, pas lui. Elle renifle avant de baisser les yeux. Peut-être qu’il a senti son ton piquant et qu’il va partir. Et ça elle ne le supporterait, pas tant qu’elle peut lui parler un peu. Si elle est en colère, elle veut encore plus comprendre son éloignement, ses regards absents, sa froideur. « La mélodie que je jouais est une symphonie d’un moldu, je ne pense pas que tu puisses le connaître. » Elle détourne la conversation, tente de l’amener bêtement dans son sens. Et elle le fuit. Du regard, dans ces gestes. Elle n’ose pas avancer, le toucher, l’observer. Elle se sent seule Anastasia. Elle redevient cette enfant apeurée sans son frère et son amant. Elle est désespérément seule dans sa mélancolie mélodramatique. « Tu … Tu peux rester si tu veux. » Ce n’est pas une demande, mais une obligation, un supplice qui martel sa poitrine. Il ne doit pas partir. Il ne peut pas la quitter, la laisser seule. Alors elle l’observe avec cette honte, cette amertume, cet amour. Ana, elle ressent tant de chose à la fois qu’elle ne sait plus vraiment se contrôler. Elle ne sait plus si elle a envie de le gifler autant que le serrer fortement dans ses bras. Elle ne sait plus si elle l’aime ou le déteste. Tout ce qu’elle comprend, c’est qu’il a toujours cet effet acide et doux sur elle. Son épiderme qui se froisse et les pigments de sa peau en éveillent, ce cœur qui s’extasie et bat tellement vite. Elle ressent le vide et l’amertume, la nostalgie et l’éveille de ses sens.

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MessageSujet: Re: chasing cars ≈ torvana   Lun 7 Mar - 23:18


Deux gamins perdus dans l'immensité d'un monde qu'eux-même ne réussissaient pas à comprendre, Juliette qui aimait son Roméo, Roméo qui aimait sa Juliette à en crever. Crever, c'était bien le mot. La menace amère qui reposait sur leurs épaules, sur leurs frêles épaules, qu'avaient-ils fait pour mériter tel châtiment ? Jouer avec le feu, toucher du bout de leurs doigts la riche illusion qui les avait bercé pendant ces quelques années ? Stupidité, naïveté, innocence, tous ces mots qui les décrivaient si bien, qui étaient une grande part de leur réalité, de leur bonheur. Torvald sans Anastasia ce n'était finalement pas possible, ensemble ils étaient une évidence, séparés ils étaient de simples gamins paumés. Paumé, il était paumé le blond, de nombreuses questions s'entrechoquaient dans son cerveau, comme allait-elle réagir si elle venait un jour à apprendre que le patriarche Viktorsson était au courant de leur relation plus ou moins spéciale ? Comment réagirait-elle en sachant qu'ils ne pourraient très certainement plus se voir ? Peut-être qu'Ana le savait déjà, peut-être qu'elle avait compris, il s'était après tout comporté comme le dernier des idiots, ce garçon qui ne connaissait que vaguement le mot courage, la bravoure, toutes ces choses qui s'évacuaient de lui quand il se retrouvait devant son père, cet homme admirable dans ses plus sombres songes, celles qu'il détestait, qui le forçait à être ce qu'on lui ordonnait d'être en faisant abstraction de toutes les qualités qui formait la personne qu'était Torvald. Mais qui était-il vraiment si ce n'est faible et lâche ? La lâcheté étant sûrement son pire défaut, sa faiblesse, son pêché, son blasphème. Blasphème qu'il poursuivait pourtant ce gamin, effronté quant aux idéaux familières du monde magique, il refusait pourtant de tenir tête à son père ou à sa famille. Faible chien, moins que rien, raté, tous ces noms qui lui faisaient mal et qu'il s’accaparait parce qu'il les méritait. Il n'avait jamais rien fait pour obtenir la fierté de quiconque, ou encore le pardon, une mère soumise, un père tyrannique, des esclaves qui n'étaient plus esclaves, sont équilibre naturel qui se bousculait, qui s'effondrait même, la peur au ventre, la colère dans les tripes, mais aucune réaction venant de sa part, ce gamin perdu, ce gamin qui voulait juste un monde meilleur, un monde où les choses seraient plus simples, plus idylliques, plus magnifiques. Mais quel naïf, quel naïf il était, le monde ne serait jamais comme il se l'était imaginé, le monde ne serait jamais assez parfait pour que lui et Ana finissent par être ensemble, par vivre cette vie que ces deux âmes doucereuses méritaient. Mais peut-être qu'il ne méritait rien de tout ça, qu'il finirait en sang sur les champ de bataille, s'étant enfin levé contre l'autorité de ses parents. Qui était-il vraiment ? Qui était Torvald ? Cet homme, ce garçon dit fragile, si simple d'esprit, si innocent ? Qui était-il ? Un cocon de bienveillance, un cocon d'utopie, un cocon de rêves, un cocon qui s'embrasait sous les flammes, qui imploserait sous les coups durs, sous les coups de la résistance et de ces autres Purs.

Torvald s'avança vers la sirène, celle qui empourprait de bleu ses rêves, comme ses cauchemars, celle qui avait su panser ses blessures invisibles, détendre ses maux lacérant, Ana avait toujours été là, Ana était toujours là. Mais il ne pouvait plus l'avoir à ses côtés, il devait la lâcher, eux, ces amoureux incompris, ces interdits, ces voyous qui ne cherchaient qu'à pouvoir se toucher encore une fois, qu'à pouvoir frôler les lèvres de l'autre dans une étreinte passionnelle. Il se souvenait de ce doux baiser qu'ils avaient partagé, un baiser qui l'avait comme transporté dans une autre dimension, ce jour où il avait compris qu'il était tombé sur l'inconditionnel, l'incompréhensible, ce sentiment de frustration, celui qui demandait, qui désirait toujours plus. Il en voulait plus Torvald, toujours plus, mais ne pouvait pas, sans quoi Ana finirait par mourir, par tomber telle une reine sur un échiquier. Échec et mat. « Tu es donc venu pour savoir ce que je jouais ? Je pensais que tu allais m’annoncer tes fiançailles en personne. » Torvald posa sa marche, et s'arrêta net, elle savait, bien sûr qu'elle savait, c'était évident. Évident parce qu'elle devait avoir entendu ces rumeurs grotesques sur ce mariage qui finirait en lambeaux. Il avala difficilement la salive qui lui était restée en travers de la gorge et chercha ses iris. « Félicitation. » Il ne savait pas quoi répondre, c'était comme si le garçon venait de perdre ses mots, qu'on les lui aspirait. Son cœur se brisa, son entendement s’embruma par la force de ces mots, la violence de cette réalité qui les séparait de quelques galaxies. Elle savait. Peut-être que s'il avait gardé ces fiançailles secrètes, peut-être que si Ana n'avait jamais été au courant, l'illusion serait restée la même, lui et elle, enlacés, lui et elle, seuls contre le monde, se reposant sur la pelouse du manoir. Une sacrée tragédie. Roméo qui finirait par mourir à petit feu pour sa Juliette, Juliette qui s'empoisonnait la vie pour un garçon qui ne méritait rien, rien que de la rancœur et du mépris. Il se méprisait lui-même, c'était si simple d'être la victime du chaos de sa propre vie. Il en avait honte, honte aussi de ne pas avoir eu le courage d'être celui qui lui annoncerait ces fiançailles. « La mélodie que je jouais est une symphonie d’un moldu, je ne pense pas que tu puisses le connaître. »  Peut-être était-ce une pique qui voulait lui faire comprendre qu'il n'appartenait pas à son monde, mais Torvald croyait dur comme fer qu'il appartenait à Ana, à ses mimiques, à sa douceur, à sa gentillesse comme à ses manies rustres et parfois brutes, le piquant dans ses mots, les fossettes de ses sourires, il se rappelait malheureusement de tout et ça le tuait à petit feu le gamin. Gamin perdu oui, gamin qui voulait ce qu'il ne pouvait pas même toucher dans ses rêves. Stoïque, il resta au milieu de cette salle, solide, droit comme un i, fidèle à une statut, une statut emplie de remords et de regrets. « Tu … Tu peux rester si tu veux. » Torvald voulait rester, il voulait s'approcher d'elle, prendre un pinceau et s'amuser avec, dessinner sa silhouette sur sa toile tel l'artiste se l'imaginait, à la place de quoi, il ne disait rien. Pas un mot. Pas une syllabe. Un regard hébété, ahuri par sa propre stupidité, par la franchise de la belle. Elle avait toutes les raisons plausibles de lui en vouloir, de vouloir le voir sombrer, et pourtant, et pourtant elle le voulait encore ici. « Je.. » Du courage. Voilà ce qu'il lui fallait. Un vaccin contre la lâcheté, une piqûre de bravoure. Alors il se racla difficilement la gorge et l'observa dans toute sa splendeur, les mots qui dépasseraient ces lèvres soucieuses, lui briseraient le cœur. Mais c'était nécessaire. C'était une obligation. « Je ne voulais pas que tu l'apprennes de cette façon. Je ne suis pas encore fiancé, mais mon père est en train d'organiser cette alliance. » il expliquait cette fatale vérité comme un robot, une machine programmée à acquiesser à toutes les décisions que son père prenait. « Je suis désolé. Mais ça devait arriver je suppose, et j'ai eu beaucoup de choses à faire ces derniers jours, notamment rencontré ma future femme et discuter du futur mariage. » Il marqua une pause. « Elle est très gentille, je pense que tu l'apprécierais. » Ou peut-être pas. Peut-être qu'Ana la détesterait, peut-être qu'elle la tuerait, peut-être qu'elle fusillerait même Torvald du regard, et peut-être que le garçon n'attendait que ça. Une réaction, une gifle, la tragédie ultime qu'ils attendaient tout deux depuis tant d'années. « Je ne veux vraiment pas te déranger, si tu veux que je m'en aille, je m'en vais. » Il ressentait un besoin indescriptible de la prendre dans ses bras et de l'écouter jouer des heures au violon, mais il avait peur, peur de lui avouer, de lui dire. « Tu sais Ana, tu m'as manqué. » Manqué à en crever, à l'agonie jusqu'à la moelle.
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