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 on attrape plus vite un menteur qu'un voleur - helena

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maison de loki
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maison de loki
Hiboux : 311 Avatar : xavier dolan (en réflexion) Crédits : SWAN
coucou
Âge : vingt-six ans, prêt à entrer dans la vie active... ah non, pardon, prêt à fuir.
Nature du sang : pur (déshonoré, traqué, au ban de la société, mais pur)
Statut civil : célibataire sur le papier
Patronus : une souris, dont il a globalement plutôt honte.

MessageSujet: on attrape plus vite un menteur qu'un voleur - helena   Mer 24 Fév - 12:33


Son sourire muet. Son regard pétillant. La nonchalance dans son geste. La tranquillité avec laquelle elle récolte les jetons accumulés. L’absence de coups d’éclats. Toute en retenue, toute en victoire. Elle se couche devant les deux rois, elle poursuit devant le bluff que personne n’avait décelé. Elle sait exactement ce qu’il faut faire, elle sait quand le faire. Helena Svendsen. La sœur n’a pourtant pas le jeu du frère. À quelle école a-t-elle appris ? Dmitri l’observe. Artiom l’observe. Dmitri joue, fidèle à ses habitudes, menteur de haut niveau, forçant le respect quitte à se faire humilier quelques fois. Dmitri ce soir n’est pas au mieux de sa forme. C’est qu’au fond de lui, tapi, Artiom observe Helena. Artiom ne s’abandonne pas ce soir au plaisir du jeu, du masque et du poker. Son attention est accaparée par la remplaçante du Svendsen. Les jeux de leur enfance ont été remplacés par un poker étrange. Elle ne semble pourtant pas si minutieuse, elle ne regarde que brièvement ses partenaires de table. Il tente de saisir ses mensonges, son bluff. Il n’y a rien. Ni marque d’angoisse, ni tic qu’elle ne puisse réfréner, ni adrénaline qui la trahirait. Il en mettrait sa main au feu : elle ne ment jamais, elle n’en a pas eu besoin. Les jeux des autres semblent un livre ouvert pour elle.

Le meilleur comédien est-il celui qui s’oublie pour se noyer dans son rôle, ou celui qui ne fait qu’imiter parfaitement ce qu’il doit représenter ? Artiom est partisan de la première option, et cela lui donne une idée. S’oublier. Il reçoit les cartes qu’on lui distribue, fait mine de les regarder, en réalité il ne les voit pas. Il détourne son regard. Il ne connaît pas son jeu. Comment pourrait-elle le connaître aussi ? Il fronce les sourcils. Il la tient, la tricheuse. Il ne l’aurait pas cru capable de cela. Mais il est obnubilé par sa curiosité. Il ne sait pas quelle magie opère ou quel système rudimentaire de miroirs peut bien être installé, mais il a une saboteuse à sa table, et de quoi la démasquer. Il lui manque seulement la preuve. Le tour avance. Artiom ne se couche pas. Tapis. Il est prêt à payer le prix fort pour obtenir la vérité. Il croise le regard d’Helena, la Svendsen semble enfin intriguée. Artiom n’est que défi. Il ne sait absolument pas s’il est en train de mentir, il ne pressent ni victoire ni défaite. Il n’est qu’attente et curiosité. Helena semble désemparée. Elle scrute Artiom, qui se sent soudain désemparé. Dmitri a l'impression que sa carapace vient de voler en éclats. Il passe une main dans ses cheveux, réarrange les fausses mèches blondes, se rassure. Elle se couche. Artiom regarde ses cartes une dernière fois, pour la première fois. Rien. De l’air. Elle a perdu ce tour, elle aurait dû le gagner. Elle ne savait pas. Elle ne triche pas. Artiom tape du poing sur la table. Il abandonne. Dmitri relance les cartes, que la partie continue, au diable les soupçons d’Artiom.

La partie se finit, la remplaçante a gagné haut la main. « La chance du débutant » ricane Inka qui s’est faite flouer de plusieurs roubles. Ils rient, certains font mine d’applaudir la nouvelle venue. Elle a certainement gagné sa place à la table de poker, et pourtant ils ne sont pas sûrs de vouloir la voir revenir tout de suite. Dmitri, certainement pas. Mais il se contient, et clôture le jeu. L’heure est largement écoulée, il est plus que temps qu’il retrouve l’anonymat de son dortoir. « C’est tout pour ce soir, félicitations Helena ! » Les jetons sont transformées en pièces sonnantes et trébuchantes, les roubles passent de mains en mains. Un à un, ils quittent la salle, se donnent rendez-vous le mois suivant. Le regard d’Artiom se pose sur Inka, il lui sourit. Elle s’enfuit.

Artiom attrape la mallette noire et se prépare à fermer la salle. Helena est encore derrière lui. Il jette un coup d’œil à la montre à son poignet. Il est plus que temps. Il s’adosse à l’encadrement de la porte, pris d’un vertige soudain. Il est déjà presque trop tard. Il se maudirait d’avoir osé jouer avec le temps. La faute de la tranquille Helena, qui est encore à ranger ses affaires. Elle s’approche de lui. Il s’efface pour la laisser passer. Elle n’avance pas. « Helena ? » Son ton est impatient, son angoisse est perceptible pour tout novice. Que lui veut son amie d'enfance ? Que veut-elle à Dmitri, surtout ? Car Artiom n'est pas censé être là. Pour quelques instants encore, du moins.


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MessageSujet: Re: on attrape plus vite un menteur qu'un voleur - helena   Mer 24 Fév - 23:22




denial can be beautiful

La sirène est d'un calme olympien, et d'une froideur frôlant l'inacceptable mondain. On l'observe curieusement, elle qui d'habitude évite toute responsabilité, et tout regroupement. Pourtant on l'accepte nonchalamment à la table : la princesse n'a rien d'effrayant avec ses cheveux blonds et ses yeux trop clairs. Elle a l'air d'une enfant tout juste adaptée aux contacts humains, n'entrouvrant les lèvres que pour se moquer et parfois s'esclaffer, notant d'une voix suave tous les petits travers de ses camarades.
Le problème, avec Helena, c'est qu'elle sait tout ce qu'ils ne disent pas. Elle connaît leurs moindres désirs, leurs émotions trop intenses et celles qu'ils camouflent sous la raison. Si elle n'en connaît pas les causes exactes, elle les devine à l'aide d'une perspicacité frôlant l'irréel.
Aucun, pourtant, ne semble la prendre pour une réelle adversaire. On la laisse s'asseoir à la table et on l'oublie presque immédiatement. Elle est insignifiante et presque fantasmagorique dans le décor; elle n'a pas la rage de vaincre de ses compagnons, et se laisse doucement berner par l'air musical qu'elle s'invente du bout des lèvres. Elle chantonne et enchante. Tout son corps est océan, reposé et détendu puisque sûr de ses talents, l'étirement tranquille de ses membres reste gracieux quoi qu'hors du temps, et chacun de ses gestes a la grâce d'une vague. Le personnage s'impose sans turbulence, sans agitation, jouant avec sérénité - et nul doute qu'ils se rappelleront d'Helena comme cela. Elle n'est ni cyclone ni bourrasque et s'amuse de la quiétude chaude qui l'emplit à sa première victoire.

Mais tout cela, c'est le calme sous la tempête.
Intérieurement, tout est trop bruyant. C'est un vacarme indéniable derrière ses deux grands yeux clairs, où la poudreuse rencontre un capharnaüm d'idées, de couleurs, de sons, de coups, d'histoires à demi-susurrées. Le doute, l'esprit en alerte, la réflexion intense, l'assurance, le détachement trompeur, le contentement, la curiosité, la sécurité, l'engouement, l'entrain, le bluff, la désorientation, s'en suit le désappointement noué à la crispation de la mâchoire.
Tout est trop fort.
Trop brillant.
Trop violent.
Rien n'est à elle et pourtant elle les avale, s'étouffe avec les informations sans pouvoir en recracher une seule.
Des dizaines d'émotions qui collapsent comme des objets célestes, tandis qu'elle mime l'accalmie.  Elles explosent avec violence mais élégance, transpirant d'une beauté dont la fascination naissante l'agace. Elle n'aime pas trouver de la joliesse dans ce combat infernal mais silencieux, et s'oblige à en bloquer les effluves avec inefficacité. De rares instants, sa main vient gagner ses tempes qu'elle masse, mimant une réflexion presque fatigante. Cela fait un moment, pourtant, qu'elle ne réfléchit pas et qu'elle se laisse bercer.

Le calme. L'excitation. Un vide instantané qui lui fait hausser un sourcil discret. Le jeu de l'hôte l'indispose et elle se questionne; comment fait-il pour contrôler la pression qui gagne tout joueur devant ses cartes? Elle le regarde, le questionne: le point d'interrogation sur ses lèvres danse, intrigué, avant qu'elle ne se concentre sur les autres. Qu'importe. Inka a une bonne prise, si forte que l'excitation la gagne comme une flamme brûlante contre ses reins. Helena se couche, malgré tout désemparée.
L'hôte n'a pas une signature propre.
C'est un fin lien qui unit Helena à la réalité, accroche les hommes aux émotions diverses. Grâce à ce fil presque invisible, elle retrace le passé pour découvrir l'identité ; l'impression de velours pour Nikolaj, le verre tranchant pour Raya, la lumière criarde pour d'autres. Chacun possède sa propre façon d'expérimenter le monde, et Helena a rapidement appris à les classer.
L'hôte possède la signature nébuleuse d'Artiom, un ami d'enfance dont le contact est lointain. Elle n'en est pas sûre, mais en reste étonnée, presque fascinée. C'est la première fois, peut-être l'unique. Le déshonneur du garçon aurait-il eu raison du coeur de l'hôte? Une âme-sœur expliquerait peut-être le profond lien qui les lie.
Mais tout est trop tiré par les cheveux, et Helena sait qu'elle ne sortira pas de la salle sans sa réponse.

Quand la partie se termine, la sorcière n'écoute que d'une oreille les remarques amusées et moqueuses de ses camarades. Un hochement de tête suffit pour leur prouver qu'elle accepte les quelques applaudissements, rapidement suivie d'une courbette exagérée. Ses yeux dardent la silhouette élancée d'Inka, en lui rétorquant simplement : « Tu aimerais bien. » avant de se désintéresser d'elle. Comme plus tôt, la sirène prend son temps dans chacune de ses actions. Une lenteur exagérée et une accalmie presque suffocante la gagnent alors que les corps - et les émotions - quittent un à un son champs de vision.
L'hôte - le nom lui frôle les lèvres mais elle le balaie, elle ne veut pas l'appeler de cette façon quand la seule appellation qu'elle lui reconnaît n'est pas celle qu'il se donne - s'apprête à fermer la porte, mais Helena ne se dépêche pas. Chaque mouvement est délicat, suintant presque la tentation comme à son habitude, alors qu'elle s'avance vers lui. Le sorcier se décale avec une politesse exagérée ; cela se voit à son air fatigué qu'il n'a qu'un rêve, s'effacer. Pourtant la sirène n'avance pas, et un sourire amusé se glisse sur ses lippes rosées. « C'est mon prénom. » Sa main vient agripper la porte qu'elle clôt  sans demander son avis au garçon, le provoquant de l'arrêter d'un regard. « Le tien, par contre, ne te va pas. » C'est une remarque claire et subtile, un brin rêveuse peut-être qui semble être la façon dont  Helena s'exprime au quotidien. Un paradoxe tranquille et moqueur.
Son corps fait un mouvement en avant comme tous les guerriers ont appris à le faire; c'est une attaque précise qu'elle espère réussie. Ses yeux traquent la moindre panique, le moindre sentiment le trahissant. « Ne ressens pas trop fort, garçon, tu risquerais de m'agacer. » Elle susurre en fronçant les sourcils devant le flot d'informations qui la gagnent. Un ensemble incompréhensible qui n'a qu'un nom, un seul.
Artiom.
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MessageSujet: Re: on attrape plus vite un menteur qu'un voleur - helena   Jeu 25 Fév - 0:28

À force de fuir, vous développez une certaine claustrophie. La porte qui se ferme heurte son corps. Artiom tressaute. Dmitri ? Éculé, abandonné, évanoui. Artiom seul, bien trop seul, ne peut qu’écouter stupéfait la voix placide de l’étrangère. « Le tien, par contre, ne te va pas. » La clarté des mots se détache sur l’esprit confus d’Artiom. Ils ne laissent aucune place au doute. Inutile d’imaginer ce à quoi elle peut faire référence. Son ton est rêveur, son regard définitif. Il ne sait pas à quoi elle joue, il ne sait pas même si elle joue. Et par Loki, ô comme il n’aime pas ignorer les règles du jeu. Artiom est nu devant la détermination de son interlocutrice. La couleur de ses cheveux. La finesse de ses mains. Le teint de sa peau. Des détails qui lui semblent désormais bien futiles. Il ne prend même pas la peine de regarder s’il se transforme déjà. Elle voit au-delà. Rapide, tentant de reprendre ses esprits, Artiom repasse dans sa tête l’heure qui vient de se dérouler. Accaparé par les étrangetés de la nouvelle venue, s’est-il trahi ? A-t-il oublié quelque règle de conduite élémentaire ? Non. Même au grain de beauté de sa main, il a pensé. Il a été parfait. Il le sait. Elle dispose d’un joker dont il n’a pas conscience. Lentement, sûrement, les pièces se mettent en place.

« Ne ressens pas trop fort, garçon, tu risquerais de m’agacer. » Son ton est cassant, agressif. Où est passée la déesse à l’allure tranquille qui a maîtrisé le jeu auquel elle s’est adonnée ? Ou même se cache l’enfant souriante dont il garde le souvenir chaleureux ? Artiom n’est que curiosité, tentant de reconstituant le puzzle qu’il voit se dessiner. Il affronte enfin le regard terrible qui le met à nu. Ne ressens pas trop fort, garçon. Ressentir. Plaisir et nemesis d’Artiom. Ressentir. La terrible humanité qu’il s’obstine à fuir depuis tant d’années, qu’il ne se permet précisément que sous d’autres apparences. Les émotions, qu’il enferme consciencieusement dans des carapaces inviolables, que personne ne peut deviner, que personne ne peut relier entre elles. Si ce n’est par leurs émotions agitées. Si ce n’est par ce tourbillon sans fin qu’Artiom y loge. Piotr, Dmitri, Nikita… Mille visages pour la même tornade d’émotions, libérée d’une personnalité trop froide. Ne ressens pas trop fort, garçon, tu risquerais de m’agacer. C’est cette tornade, qu’elle perçoit. C’est cela que son regard inquisiteur cherche en lui. Stupéfait, étouffé, comme surpris dans son intimité, Artiom détourne le regard. Il tente de reprendre ses esprits.

Mais à quoi bon raisonner ?  À quoi bon penser ? À quoi bon détourner le regard, puisque le regard lui-même se retrouve inutile face aux griffes acérées d’Helena. Des griffes qui plongent immédiatement vers son cœur. Ce qu’il a de plus précieux. Ce qu’il a de plus secret. Conscient soudain d’une fatalité monstrueuse, il relève la tête vers l’ancienne amie. Les gestes lents, la démarche souple, comment peut-elle être capable d’une telle hérésie ?

À quoi bon ? Son esprit chancelle. Les justification s’emmêlent au bord de ses lèvres. Les excuses mensongères se précipitent, mais pour la toute première fois, il sait qu’il ne pourra les doter d’atours suffisamment convaincants. Elle sait. Et cette vérité trop simple le consume, l’impuissance le dévore. Elle sait.

« Helena, donc. À quoi bon connaître mon prénom si tu partages déjà mes ressentis, non ? » Car un Loki, finalement, se rattrape à ce qu’il sait faire de mieux. Une entourloupe. Une pirouette qui ne lui permet pas de fuir, tout juste un pas de côté. Une seconde de répit, un bref instant où il envisage une issue. Renverser, délicatement, discrètement, la situation. Une crampe soudaine dans le bras gauche. Artiom grimace. S’il ne s’enfuit pas dans les prochaines minutes, elle assistera au ridicule de la vérité. Il n’y a qu’un pas entre la vérité implicite et l’étalage obscène de celle-ci, mais il ne souhaite pas le franchir. Certainement pas. Cette dignité, auquel il est tant attaché. Cette fierté, même pris la main dans le sac. Impossible de la conserver si devant elle le comédien s’abandonne à la réalité de l’acteur. Seule l’illusion peut encore l’aider. L’illusion que ce n’est pas Artiom qui importe. Mais bien elle.

« Tu n’avais pas l’air si agacée, lorsque tu raflais les mises indument gagnées », sourit-il. Anxieux de renouer avec une certaine légèreté, désireux d’ouvrir de nouvelles possibilités. Le regard glacé d’Helena l’a pris à la gorge tout à l’heure, et si vraiment il n’a pas d’échappatoire, alors il faut imaginer autre chose. Le badinage. Désamorcer cette situation. Dmitri aurait menti ? Peut-être bien, tout à fait, mais et alors ? « Helena, –  » La phrase qu’il commence est étouffée, un immense frisson parcourt son corps. Il jette un coup d’œil à sa main gauche, son indice éternel. Le grain de beauté, à la racine de l’index gauche. Quelques minutes à peine. « Helena, c’était un jeu. »

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MessageSujet: Re: on attrape plus vite un menteur qu'un voleur - helena   Mar 1 Mar - 21:40

Et la victime s’enroule dans la corde, s’agrippe, s’étrangle. On voudrait tendre deux doigts compatissants à la petite chose qui se démène pour s’arracher du fil qui la maintient, et pourtant on ne fait rien. On l’observe, tout comme le fait Helena, pensif et peu amusé par la combine qui semble surfaite. C’est comme vendre une contrefaçon à un expert d’art – la toile a beau être de cette beauté époustouflante qui coupe la respiration, et rallume les étoiles dans les yeux des enfants, cela ne change rien au fait que tout est faux. Rien n’est bien placé, les étoiles ou les arbres, chaque élément qui vous fait adorer la toile manque à son palmarès. Et vous savez, même si on vous pense fous, cinglés, vous savez que de tout cela, rien n’est vrai.
Seulement la copie, d’une copie, d’une copie.

Il est cela aussi, l’hôte. Sa signature est la copie impeccable de quelqu’un qu’elle a connu et à qui elle n’a plus parlé depuis qu’il est disgrâce, depuis qu’il est déshonoré. Ce n’est pas plus pour faire bonne figure que pour s’éloigner du beau parleur. Il a dans le sang ce que toutes les sirènes ont ; cette envie bestiale de vous faire sombrer avec lui. Si Helena mène aux affres de la folie, ses abysses ont l’odeur de révolution et le goût du sang. Mais l’hôte n’est pas lui, n’est-ce pas ? L’hôte savoure ses privilèges et possède tous ces sourires de prince. Et l’hôte parle, l’hôte s’amuse, tente de jouer avec l’escroc, mais elle se couche immédiatement avec un sourire brillant sur ses lippes rosées.
Elle sait, bien sûr qu’elle sait.

Elle les fuit, les sentiments ravageurs aux griffes acérées, et pourtant son corps seul en est l'attestation délicate. Tout le personnage est un condensé d'effluves vous conduisant follement entre les émotions, sautant du coq à l'âne avec une telle force que vous en êtes décontenancé, puis désemparé et enfin impuissant face la jeune fille qui, elle, ne semble pas plus attristée par le voyage que par le reste de son existence tranquille. La pureté placide et impénétrable dont les appuis sont ancrés dans le sol, la délicatesse amère qui survit la tempête. Helena c'est l'océan et le ciel combiné, les astres noyés sous des mètres et des mètres d'eau, là où les ténèbres avalent leur lumière et où les univers collapsent sans bruit avant de rejoindre les abysses.
Helena, c'est le fracas du miroir qui s'effondre, la malédiction pour cent années, le déni de cette malchance insoupçonnée. C'est la colère triomphante qui l'avale de l'intérieur comme un microbe. Helena, c'est le cannibale dégoûté de son œuvre, qui vient avaler sa propre chair dans l'espoir cruel de se repentir pour ses pêchés.

Sa bouche joue avec les intonations, et elle ne tente pas d’accélérer la cadence, c’en est toute l’antinomie, elle s'amuse à faire danser les mots sur sa langue comme si elle offrait au garçon la clé permettant de tout déverrouiller - la môme a toujours eu une façon bien à elle de jouer aux devinettes. « Un joueur qui n'a rien à se reprocher regarde ses cartes. » elle explique. La raillerie, quoi que moins perceptible cette fois, est de retour dans le son mélodieux, signe que cette erreur est bénigne voir peut-être même trop facile. Après tout, la perspicacité de la créature n’a de limite que sa propre vision qui se détourne et ses paupières qui se ferment sous l’exhaustion.
Le garçon maintient son regard avec le courage d'un désespéré, peut-être dans l'espoir de découvrir ce qu'elle sait et la façon dont les douces informations sont venues jusqu'à elle. S'il savait - oh oui, s'il savait à quel point ses émotions sont fortes, comme des coups sur un tambour au creux de sa poitrine, une douleur sourde contre sa cage thoracique. La même intensité désastreuse qu'elle a connue chez Artiom, le même son étrange qui laisse une marque indélébile sur votre peau comme une gravure au fer blanc.
D'une certaine façon, elle n'a pas réellement besoin de demander quel tour il a tenté, quel sort il a jeté – elle sait.

Quand il le comprend aussi, il détourne les yeux. Les gens font cela de la façon la plus naturelle et la plus pure qui soit: ils s'insurgent à la nouvelle puis détournent violemment la vision comme si d'un regard elle pouvait lire en eux tous leurs plus hideux pêchés, tous leurs travers et leurs cicatrices. Comme si d’une caresse visuelle elle pouvait redessiner sur leurs corps toutes leurs victoires et leurs défaites. Malheureusement, les dieux sont cruels, et en plus de ne rien y comprendre, aveugle Helena aux sentiments heurtés, elle peut ressentir la douleur de la bête de foire qui la gagne comme une maladie infectieuse. Elle aussi, elle détourne les yeux, blessée.
Puis le regard revient et immédiatement, elle joue l’aimant. « Je n’ai rien demandé. » elle dit alors, avec la voix d’une enfant prise en flagrant délit. « Je n’ai pas demandé à jouer. » Elle n’est pas énervée mais sa voix sonne grave, sa langue tape contre son palais, elle transpire l’agacement et le caprice bien qu’elle ait toujours le visage calme de l’enfant sage. Puis elle penche la tête, les yeux brillants d’une constatation qui ne cesse de l’émerveiller. « Que ce soit le poker ou cette pièce de théâtre que tu nous mènes. » elle précise, un rire au coin des lèvres,  avant de faire un pas en arrière pour lui rendre la totalité de son espace personnel. Malgré tout, elle n’a pas l’air décidée à le laisser partir et nul doute que s’il tente de s’enfuir, elle le coursera dans tout l’institut.
Elle a fait pire, Helena, bien pire.
« Tu sembles manquer de temps. » une respiration lente, un sourire sardonique, le même air malin qui semble accroché aux traits de l’enfant apaisée. « Besoin d’aller quelque part ? »
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